Des campagnes et des expositions sont organisées de temps à autre pour encourager l'industrie nationale et présenter des produits locaux à la hauteur des importés. Une pensée positive et une tout autre façon de faire face à la cherté et relancer l'économie nationale. Les experts estiment : il est temps de consommer égyptien pour enrayer le complexe de l'importé !
Sur les réseaux sociaux tout comme dans les chaînes officielles, le désir est partagé : la promotion de la production nationale. Selon eux, les producteurs égyptiens, secteurs public et privé confondus, disposent de tous les moyens humains et matériels pour réussir ce pari. Il faut simultanément, pour mieux atteindre cet objectif, identifier les contraintes et les dysfonctionnements susceptibles d’entraver le processus de développement.
Propriétaires d'usines de produits alimentaires, d'ateliers artisanaux, et d'autres hommes d'affaires ont décidé donc d'agir objectivement.
Ainsi, de temps à autre, l'on entend parler d'une exposition organisée pour y exhiber les produits fabriqués à 100% en Egypte. "Compter les difficultés ne sert à rien", lâche-t-on.
Plusieurs jeunes égyptiens prennent part à de pareilles expos. Sur la Toile, ils ne s'intéressent pas à parler chacun de soi, ni non plus à dire leurs noms. Ils se contentent et sont fiers de dire qu'ils sont des Egyptiens qui aiment leur pays.
Certains, dans leurs tweets, soulignent : " Il faut plutôt privilégier les aspects positifs des choses en ne se focalisant pas sur ce qu'il advient de négatif concernant les devises étrangères et notamment les cours du dollar ou encore la flambée des prix. Penser au produit local en serait le salut".
L’heure est donc au recensement des difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises afin d’œuvrer à pallier les lacunes et régler les problèmes de fond.
Comme première étape, au niveau officiel, il faudrait sans doute procéder au blocage des importations des produits fabriqués localement. Une telle procédure permettra de fournir des chances d’aboutir à l’encouragement de la production nationale. La création d’emplois, l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen passent forcément par la consommation du « made in Egypt ».
Le gouvernement a en fait procédé à ces démarches et des résultats positifs ont été déjà enregistrés, affirment les responsables, qui soulignent pourtant qu'il reste encore beaucoup à faire.
Il est primordial pour faire réussir les initiatives d’acheter le produit national qui fusent de toutes parts de rétablir la confiance du consommateur dans la qualité de la production locale. Les produits industriels et l’agroalimentaire ainsi que les articles d’habillement sont candidats à cette préférence nationale, pourvu que la qualité soit haute de gamme.
Certains blogueurs et consommateurs se montrent satisfaits de découvrir des produits qu'ils ne connaissaient jamais plus auparavant et qui sont totalement fabriqués en Egypte et encore qui sont à la hauteur du produit importé. "Il faut apprendre à dégager le bon de chaque expérience. Tout le monde parle de la montée du dollar et de l'envolée des prix des produits importés. On oublie trop souvent qu'à quelque part le malheur est parfois bon et qu'on pourra, si l'on veut, en faire du bonheur", disent-ils avec enthousiasme sur leurs comptes.
Le redressement économique ne sera réalisable, uniquement par les bonnes intentions et les paroles. Que chacun commence par lui-même. Nombreuses sont désormais les foires vendant des produits locaux, compétitifs et à des prix à portée de tous. Se passer de leurs équivalents étrangers n’est pas mortel ! Si l’Etat s’engage à encourager les petits investisseurs et les jeunes industriels ainsi qu’à soutenir les petites et moyennes entreprises, il importe aussi que le citoyen se défait de son engouement pour le produit exporté, si tentant soit-il, et se tourne bien vers la production nationale dans l’espoir de voir l’économie égyptienne robuste et capable de résister aux fortes secousses.
Pas besoin de penser en défaitiste, pensent beaucoup de citoyens. Ils sont unanimes que ce n'est pas la fin du monde, si l'on ne trouve pas certains produits qu’on n’importait pas dans le passé. Si l'on fouille bien, nous trouverons des équivalents sur le marché local et qui sont tous des produits fabriqués en Egypte. Laissons de côté la négativité et pensons de façon positive pour aider le pays à surmonter les difficultés économiques et développer l'industrie nationale.
Redonner du sourire aux producteurs locaux
En temps de crise, le patriotisme se cristallise. Un bon citoyen ferme volontairement ses yeux sur ce qui manque, et apprend à se faire avec ce qui existe effectivement. La participation de la population, tous secteurs confondus, dans le processus du sauvetage du pays, prédit la réussite de ce dernier à ressortir indemne du goulet d’étranglement. En raison d’un billet vert frôlant les 18 livres, pour pas mal d’Egyptiens, il est temps de consommer égyptien.
Au lieu de pleurer un sort qui reste inconnu, les malchances ou les difficultés, des Egyptiens ont pensé autrement. Avec un esprit positif, ils ont décidé d'anticiper le bonheur et la réussite. Ils ont décidé d'agir, pour traduire leur patriotisme en actes.
Aborder la vie et surmonter les difficultés de manière plus positive est donc la clé du succès. La baisse des importations va ainsi redonner du sourire aux producteurs locaux qui, par la suite, offriront de l’emploi aux chômeurs et, par la même occasion, seront motivés de rehausser la qualité du produit national. Le désir du citoyen de soutenir son pays en encourageant la consommation égyptienne est donc le déclencheur principal garantissant le succès des démarches gouvernementales.
Les médias soutiennent les initiatives locales
Pour consommer local, une forte campagne de sensibilisation doivent être lancées, outre de la propagande devrait être faite pour encourager le produit égyptien. Citoyens, communautés civiles, secteur public et privé sont impliqués.
Les médias doivent également entrés en jeu. C'est effectivement le cas avec l'émission de la fameuse star Issaad Younès, « Sahebat Al-Saada » (Son altesse). Ce programme consacre souvent ses émissions pour rappeler la nécessité de consommer les produits égyptiens. Issad Younès, fait souvent des interviews avec les propriétaires d’usines, de petits projets, de restos et de petites boutiques, pour parler avec eux de leurs affaires, leur donner l'occasion de les présenter, et l'essentiel, d'inciter le public à les encourager et à consommer leurs produits et ainsi les maintenir sur le marché face à la concurrence des produits importés. Ces fabricants et petits entrepreneurs ramènent souvent avec eux, des échantillons pour prouver la qualité de leurs produits.
« Nous avons découvert par hasard, après ces longues années de consommation des produits importés, que les produits égyptiens existent toujours sur le marché, mais ils ne sont pas véhiculés comme il faut », déclare une fois l'animatrice Issaad Younès. A titre d'exemple, des émissions ont été données avec les responsables de la compagnie de confiture et de jus Qaha, de l’usine de savon Nabolsi, et d’autres représentant les textiles égyptiens, étaient parmi les invités. Des marques qui avaient atteint leur apogée avant l’ouverture économique à la fin des années 1970.
L’émission a également sponsorisé une exposition des produits de ces usines, dans un centre commercial à Cheikh Zayed.